Michaël Ciani réalisait une excellente saison à Bordeaux, récompensée par une première sélection en équipe de France, et patatras: la première cape du défenseur central a en fait inauguré un mois de mars maudit, douloureusement conclu à Lyon mardi en Ligue des champions (3-1).
Un nouveau statut international trop lourd à porter, un talent qui se racornit sous la pression des projecteurs, ou bien un simple passage à vide? Avril le dira. En attendant, celui qui est devenu inamovible dans la défense centrale bordelaise, supplantant Henrique, a perdu de sa superbe.
"Bordeaux a eu une matrise technique très bonne mais a affiché un peu de fébrilité derrière où l'on est encore jeune, notamment pour gérer l'environnement autour de ce match et l'enjeu", a d'ailleurs remarqué son entraîneur Laurent Blanc mardi soir. Ciani a déjà 25 ans, mais jeune, il l'est à ce niveau, pour sa première saison à Bordeaux (après Auxerre, Sedan en L2 et Lorient).
Et à Gerland, il s'est montré complètement dépassé par l'attaque lyonnaise, même si c'est aussi son association avec Sané (23 ans et venu du CFA) qui a péché par naïveté. Lisandro a souvent remporté ses duels en dépit d'un gabarit moins costaud, Bastos et Delgado ont désorienté l'arrière-garde girondine.
Deux actions résument le calvaire de Ciani: son mauvais dégagement permet à Bodmer d'effectuer un centre-tir que dévie Lisandro pour l'ouverture du score dès la 10e minute. Et il est passif devant la tête de Makoun (Trémoulinas sauve sur sa ligne, 90e).
Gourcuff, comme d'autres, a pointé ces flottements: "En première mi-temps, ils nous ont mis en difficulté sur des ballons anodins, dont on jugeait peut-être mal la trajectoire, et ça a mis le feu. On a commis quelques erreurs qui à ce niveau se paient cher".
D'erreurs, le mois de mars de Ciani en fut riche. Samedi dernier, il évalue mal le corner de Lucho sur lequel Diawara marque le premier but de Marseille (3-1), en finale de Coupe de la Ligue.
Contre Montpellier le 6 mars (1-1), il se fait exclure dès la demi-heure de jeu. Contre Lille le 20 mars (3-1), il se rachète en marquant d'une belle volée après sa passe hasardeuse au point d'être décisive pour... Hazard.
Mais Ciani reconnaît ses difficultés à demeurer constant: "Rester concentré pendant 90 minutes, c'est facile à dire mais c'est complexe".
La bascule se fait au Stade de France. Le 2 mars contre l'Espagne (0-2), le néo-international n'a soudain rien à voir avec celui qui fut l'homme du match contre Olympiakos en 8e de finale aller de Ligue des champions (1-0) et l'un des meilleurs Girondins de la saison.
Circonstances atténuantes, c'était l'Espagne, l'une des meilleures équipes au monde, ensuite, le naufrage français fut collectif, enfin, son partenaire en défense centrale, Escudé, fut encore moins bon.
Mais contre Lyon mercredi prochain, Ciani n'aura plus aucune excuse.
Source : lefoot
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