Imperméable aux critiques sur son jeu encore poussif mais raflant tout sur son passage en L1 depuis plusieurs semaines, Marseille attaque dimanche avec la réception du leader Lille (21h00) un mois de mars particulièrement périlleux.
Difficile de faire calendrier plus coriace: après le LOSC, le programme conduit à Rennes, à Manchester United en 1/8e de finale retour de la Ligue des champions, puis à l'accueil du Paris SG!
De quoi, pour de bon, jauger de la capacité marseillaise à défendre son titre.
Lille n'est pas le moindre de ces écueils-là. Son jeu pétillant, son attaque insatiable, son attraction Hazard, ses prétentions aux plus hautes distinctions renforcées par la perspective de son nouveau stade à l'été 2012, en font incontestablement un concurrent de poids pour l'OM.
Les Nordistes semblent cependant marquer le pas depuis leur marathon de 9 matches entamé fin janvier, dont deux se sont terminés avec prolongation et tirs au buts. Et restent sur cinq rencontres sans victoire.
Autre bémol: le LOSC ne parvient pas cette saison à battre les "gros". En témoigne d'ailleurs leur défaite à l'aller (1-3), où Marseille avait totalement renversé la vapeur après la pause.
Et pendant que ce LOSC mode TGV qui comptait encore 8 points d'avance en janvier baissait de rythme, le diesel marseillais montait en régime. L'OM vient en effet de compiler 16 points en six matches depuis la reprise, à un point désormais des jarrets de son hôte.
L'OM n'a pas pour autant emballé les foules dans cette spectaculaire remontée. Son public l'a bougé, sans le bouder. Les observateurs retiennent plus la manière que le résultat, surtout pour une équipe affichant "droit au but" comme emblème. Bref, les "romantiques du football", ainsi qualifiés par le coach Didier Deschamps, ne laissent pas en paix sa formation.
Le coach marseillais reconnaît volontiers que "certaines équipes jouent beaucoup mieux que nous, Lille notamment, voire Paris et Lyon parfois. Mais on est là....". On le sent sur la même longueur d'onde que son défenseur Souleymane Diawara, rappelant, goguenard, que Lille, dès la saison dernière, était "comparé au Barça par son style de jeu, mais a fini 4e...". "On verra qui aura le plus beau sourire à la fin", défie encore le défenseur sénégalais.
Deschamps ne sait que trop que son équipe demeure à la recherche de son meilleur rendement offensif et ne pense pas "qu'elle puisse marquer 4 à 5 buts par match". La faute à cette attaque qui, à moins de trois mois de la fin du championnat, n'a toujours pas donné le meilleur d'elle-même, entre blessures et soucis d'adaptation.
Cela peut ne pas s'avérer rédhibitoire pour remporter un 2e titre de champion consécutif. Si la solidité défensive, l'impact physique mis dans les fins de matches et l'esprit de corps demeurent, l'OM peut y croire.
Le président Jean-Claude Dassier a d'ailleurs vu dans la victoire à Nancy (1-2) dimanche la "candidature de l'OM à préserver son titre". Mené 1-0, Marseille s'est en effet arraché pour étouffer finalement les Lorrains. "Dans les vestiaires, j'ai vu la manière dont ils se sont réunis, chanté les mérites du club et la volonté commune d'être encore champions. Le groupe est là. Ils en veulent!", assure le dirigeant marseillais, lui aussi guère enclin à se perdre dans le débat sur le style de jeu de l'équipe.
Marseille, au fond, retrouve là une de ses positions préférées: subir les critiques pour mieux les faire taire...
Source : lefoot
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