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Lyon: les choses sérieuses reprennent à Cae…

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Le tribunal correctionnel de Bobigny a prononcé vendredi des peines clémentes envers cinq supporteurs du PSG qui avaient déployé une banderole anti-Ch'tis lors d'un match contre Lens en 2008, avec un an d'interdiction de stade et des amendes de quelques centaines d'euros.

Trois supporteurs sont interdits de stade pour une année et devront payer chacun 600 euros d'amende, tandis que les deux autres prévenus ont été condamnés à 300 euros.

Hasard du calendrier, le PSG reçoit le RC Lens samedi dans le cadre des trente-deuxièmes de finales de la Coupe de France.

"Cette condamnation est une quasi relaxe au regard de l'hystérie collective" à l'époque, s'est félicité Me Jérôme Triomphe, avocat de l'un des supporteurs parisiens, qui n'ont fait aucune déclaration à la sortie de l'audience.

Les peines prononcées sont bien inférieures aux réquisitions du parquet.

Le 3 décembre, le ministère public avait réclamé trois mois d'emprisonnement et jusqu'à cinq ans d'interdiction de stade, réclamant une peine "exemplaire" contre les deux concepteurs de la banderole et trois ans d'interdiction de stade pour les trois autres prévenus.

Leurs avocats avaient alors jugé "disproportionné" le traitement réservé à leurs clients. Deux des prévenus avaient plaidé l'humour pour expliquer leur geste, réclamant un "droit au mauvais goût".

Une banderole "Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les Ch'tis", en référence au film à succès de Dany Boon, avait été brièvement déployée dans une tribune du Stade de France, à Saint-Denis, lors de la finale de la Coupe de la Ligue le 29 mars 2008 entre le Paris-Saint-Germain et le Racing Club Lens.

Réagissant au jugement, l'avocat du club de Lens, Maître Mario Califano, a déclaré qu'"il fallait que le principe de l'incitation à la haine soit admis".

Le PSG, qui s'était porté partie civile et réclamait 135.000 euros de dommages et intérêts, a été débouté. Le club a cependant obtenu, au même titre que le Stade de France et le RC Lens, 400 euros par prévenu au titre du remboursement de frais d'avocats.

La Fédération française de Football et la Ligue de football professionnelle seront elles aussi dédommagées.

La région Nord-Pas-de-Calais ainsi que les villes de Lille et Lens ont pour leur part été déboutées de leur constitution de partie civile.

Quant aux personnes qui s'étaient portées partie civile à titre individuel - des habitants du Nord qui s'étaient sentis blessés par la banderole - il leur a été accordé un euro symbolique de dommages et intérêts.

En mars 2008, cette banderole avait soulevé un tollé en France, notamment de la part de nombreux élus, au premier rang desquels Guy Delcourt, le maire de Lens. Il avait été reçu en compagnie de Gervais Martel, président du RC Lens, par le président Nicolas Sarkozy.

L'affaire avait également entraîné la dissolution de l'association des supporteurs des Boulogne Boys. Un membre de ce groupe ultra, Julien Quemener, avait été tué par un policier en 2006 en marge d'un match de coupe d'Europe entre le PSG et l'Hapoel Tel-Aviv.

Source : lefoot